30 décembre 2006
La "remontrance" des Etats Unis et de l'Union européenne
L'annonce par Israël de la construction d'une nouvelle colonie dans la vallée du Jourdain (3 jours après un sommet sensé relancer le processus de paix) n’est pas adressée aux Palestiniens dont Israël n'a cure. C'est Tony Blair qui est visé par le camouflet, lui qui a osé annoncer la relance d’un processus de paix alors qu'Israël n'en veut pas.
En réaction, les Etats-Unis et l’Union européenne viennent de faire une « remontrance » et ont demandé à Israël de respecter ses engagements et de geler la colonisation (Feuille de route). Pourquoi Israël obéirait-il cette fois alors que jusqu’à présent la colonisation a continué sans qu’il y ait de sanction. Israël considère ces remontrances comme du Bla-bla. Nous aussi.
Gidéon Levy : une épine dans le flanc d'Israël
Dans le quotidien Le monde, Sylvain Cypel fait le portrait du journaliste israélien Gidéon Lévy qui, après avoir été le conseiller de Shimon Peres, entre à Haaretz et découvre à l’occasion de ses reportages dans les territoires occupés la réalité implacable de la politique sioniste et constate le pourrissement des valeurs de la société israélienne par accoutumance à l’occupation et à ses crimes. Il témoigne pour combattre le déni de réalité, pour que les Israéliens ne puissent pas dire qu'ils ne savaient pas. Et nous? Pourrons-nous dire, pour nous disculper, que nous ne savions pas ce que Israël faisait? Portrait_à lire absolument
Interview du pacifiste israélien Ilan Pappé
Ilan Pappé est un pacifiste israélien authentique dont on parle peu dans les médias occidentaux, un pacifiste contre la guerre et pour la paix, -ce que ne sont pas tous les Israéliens qui se disent pacifistes,- pour que justice soit rendue aux Palestiniens et pour la réconciliation entre les deux peuples.
Dans cette interview il aborde les questions importantes que pose l’idéologie sioniste et son soutien par les dirigeants occidentaux tandis que les populations civiles sont averties et agissantes.
Il parle des sanctions nécessaires pour aider l’état d’Israël à retrouver le chemin du respect du droit.
Il explique que les accusations d’antisémitisme sont un moyen pour Israël de se mettre hors d'atteinte des critiques.
Il démontre l’alliance objective entre la gauche israélienne et à ses cotés les pseudo mouvements pacifistes, et les ultranationalistes racistes. Tous nationalistes ethnocentriques, ils forment aujourd’hui une coalition gouvernementale.
« Le problème en Israël, c’est qu’entre La Paix Maintenant et Avigdor Lieberman, il n’y a, contrairement à ce qu’on dit, pas une si grande distance idéologique. C’est une question de tactique pour savoir comment assurer au mieux un Etat juif avec une forte majorité démographique, sinon exclusive. »
L'interview sur Info palestine.net
28 décembre 2006
Israël s'invente le concept de la trêve avec attaques militaires autorisées
« Israël a décidé de renouveler son engagement pour la trêve à Gaza mais ne renoncera pas à ses attaques ciblées. » Source Jerusalem Post 27.12.06
27 décembre 2006
Avec une nouvelle colonie, Israël teste la communauté internationale et l'Europe
« Mahmoud Abbas pouvait prétendre qu’il avait obtenu plus par la négociation que les groupes armés luttant contre Israël. Aujourd’hui, le président palestinien va avoir du mal à se faire entendre en Cisjordanie et à Gaza.
Pour la première fois depuis 14 ans, le gouvernement israélien a autorisé mardi la construction d’une nouvelle colonie en Cisjordanie dans la vallée du Jourdain. Jusqu’à présent Israël n’autorisait la construction de maisons ou d’appartements que dans les colonies déjà existantes. Cette décision va gâcher, selon un conseiller de Mahmoud Abbas, l’atmosphère créée par les reprises des pourparlers entre Israéliens et Palestiniens. » Source Rtbf 27.12.2006
Gâcher l’atmosphère ? Quel euphémisme !
C’était prévisible Tony Blair s’est fait rouler dans la farine en seulement trois jours. Le Hamas se délecte de cette mascarade de sommet sensé relancer le processus de paix, où Abbas n’a RIEN obtenu. Ah Ah ! la paix en colonisant? Et Bush qui voulait créer un état palestinien en 2005 !
L’annonce de la création d’une colonie supplémentaire dans la vallée du Jourdain ne s'adresse pas aux palestiniens qui ne comptent pour RIEN dans la vision unilatéraliste d'Israël. Elle s'adresse à ceux qui voudraient l'empêcher de conduire unilatéralement cette vision. Elle est un test pour l’Europe et son dernier émissaire Tony Blair. Ni l’Europe ni la communauté internationale ne réagissent? Test réussi. Israël peut continuer son programme.
Le plan sioniste est clair, Sharon l’a encore annoncé en 2000 lors de son arrivée au pouvoir : terminer la guerre de 1948, c’est à dire la guerre d’expulsion des palestiniens, ça mettra 50 ans s’il le faut. Israël prendra la posture du généreux (notre article du 24.12 Rencontre au sommet, Abbas n’a obtenu que des queues de cerises), ou bien celle de la victime (celle qui écrase de son armée suréquipée), mais il poursuivra inlassablement son programme de destruction de la Palestine et de dépossession des Palestiniens en toute impunité. Le Plan_Sharon développé en 2003 prévoit bien le contrôle de 43% de la Cisjordanie dont la vallée du Jourdain si riche.
Sans des sanctions, Israël ne changera pas de politique.
L’inertie des dirigeants occidentaux face à cette folie peut coûter très cher. La sanction le 21 avril 2002, puis le « Non » au traité de constitution européenne, ont déjà été des signes du jugement que portent les citoyens sur les capacités de leurs dirigeants à résoudre les questions importantes.
L’abus d’abus est dangereux. Le temps du courage politique est venu.
La carte du mur et des colonies en_mai_2006 est la carte de la réalité sur le terrain. C'est bien celle qui avait été prévue dès 1978 et que Sharon rappelle dans son Plan unilatéral de décembre 2003 : Israël dépossède les Palestiniens de 43% de la Cisjordanie
24 décembre 2006
Rencontre au sommet, Abbas obtient des queues de cerises
Le fonds de 100 millions de dollars débloqués par Israël pour un usage humanitaire n’est en fait qu’une faible partie du milliard de dollars de taxes perçus par Israël pour le compte des Palestiniens. Israël se garde toujours les 900 millions restants, la part prépondérante de l'occupant. La négociation dont on fait des gorges chaudes est celle entre le président des Palestiniens qui réclame quelques faveurs pour retrouver crédit auprès de son peuple occupé et l’occupant qui peut jouer pendant des décennies à négocier sur des broutilles pendant qu’il continue à coloniser et à déposséder les Israéliens Arabes.
Israël consent aussi à lever quelques check points en Cisjordanie. Il les remettra immédiatement en place à la première occasion. On notera par exemple que depuis la dernière libération de 400 prisonniers palestiniens, Israël en a enfermé 2000 nouveaux.
Les réactions au dernier sommet (source Le Monde)
Ali al-Jarbawi, professeur de sciences politiques de l'université Bir Zeit en Cisjordanie, se voulait plus prudent : "c'est un premier pas, mais nous ne saurons pas s'il est important avant de voir les résultats sur le terrain. Le peuple palestinien veut du concret et pas seulement des rencontres". Un autre analyste, Khani al-Masri, souligne qu'Ehoud Olmert n'a pas accepté de libérer des prisonniers comme le demandait Mahmoud Abbas. "Olmert n'a rien donné de tangible à Abbas", estime-t-il. "Mahmoud Abbas a reçu beaucoup de promesses et un peu de monnaie", ajoute le quotidien israélien Maariv.
Du côté du Hamas, le ministre chargé des prisonniers, Wasfi Kabha, a estimé que "cette rencontre n'était que de la poudre aux yeux". "Aussi bien Abou Mazen (Mahmoud Abbas) qu'Ehoud Olmert sont confrontés à une crise interne et ils se sont rencontrés uniquement pour dire qu'ils espèrent reprendre des négociations", a ajouté ce ministre.
23 décembre 2006
Pourquoi l'Europe veut soutenir Mahmoud Abbas CONTRE le Hamas
Ce n’est pas tant que Hamas soit un mouvement islamique qui ne convient pas aux dirigeants occidentaux, Israël a su soutenir ce mouvement naissant quand, avant la première intifada (1987), il n’appuyait pas encore la revendication nationale et que la résistance à l’occupation était le fait de l’OLP, une organisation laïque. A partir de 2001, le général Sharon premier ministre a entrepris la liquidation de l'Autorité palestinienne pour ne pas avoir d'interlocuteur pour la paix (le président Arafat prisonnier de la Mouqata et son premier ministre Abbas autorisé à quelques sorties à Charm el Cheikh quand les Etats Unis avaient besoin de faire croire que leur processus de paix avançait). Cette liquidation s'est faite au profit du Hamas qui n'était pas un interlocuteur possible après que, sous la pression, plusieurs états occidentaux le mettront sur la liste des organisations terroristes se privant ainsi d'influencer la politique au Proche-Orient. Le général Sharon espérait alors benoîtement régler unilatéralement le conflit.
Ce qui déplait dans le Hamas depuis qu'il est élu, comme dans l’OLP hier, c’est qu’il ne veut pas collaborer avec l’occupant. Il ne signera jamais ni l’annexion de Jérusalem Est, ni ces bantoustans, ces alvéoles fermées de murs et reliées par des tunnels qu’Israël veut leur refiler en guise d’état. Afin de poursuivre la colonisation, Israël déclare à tout vent qu’il n’y a pas de partenaire palestinien avec lequel négocier, Hamas lui répond qu’il est ce non-partenaire, celui qui va laisser Israël assumer seul sa politique unilatérale coloniale et d’occupation. Avec le Hamas Israël ne peut plus faire son cinéma, il apparaît ce qu'il est : intransigeant, brutal, criminel, un Etat ethnocentrique qui ne reconnaît aucun droit aux indigènes Arabes.
La politique européenne qui reprend le flambeau avec Blair, est une politique alignée sur celle d'Israël qui consiste à créer un contexte de conflit à basse intensité dans lequel un « processus de paix » endormira le monde de sorte qu’Israël pourra continuer son forfait : la colonisation. Abbas ou quelqu’un d’autre de « modéré » sera le négociateur palestinien qui n’obtiendra rien. Les sionistes l’occuperont (c’est le cas de le dire) à négocier durement la libération de quelques centaines de prisonniers pendant qu’ils continueront à déposséder les Palestiniens de leur terre ... et à faire d'autres prisonniers. Israël aura le droit de réprimer « au nom de sa sécurité » tous les Palestiniens qui résisteront contre la spoliation. Ce sont les « extrémistes ».
Abbas ne sera jamais considéré comme un partenaire pour Israël, il ne l’a jamais été, ni quand il était premier ministre d'Arafat, ni depuis qu'il est président. Israël s'arrangera pour mettre des conditions irréalisables à ce qu'il devienne "un vrai partenaire pour la paix". Il lui dira : « tant que vous n’aurez pas fait ceci ou cela nous ne pouvons pas négocier ».
Depuis un siècle de sionisme, la politique occidentale est une tromperie en continu.
L'Europe ne peut pas défendre à la fois les intérêts du sionisme : la colonisation, et les intérêts des Palestiniens : la décolonisation et la libération de l'occupation. Jusqu'ici elle a choisi son camp.
[1] Terres_palestiniennes_confiquées_pendant_le_processus_de_paix (Sept 1993 - Janv 2002).
21 décembre 2006
Assassinats extrajudiciaires : l'UJPF lance un appel au gouvernement français
L’Etat d’Israël menace la paix et la sécurité internationales
par le Bureau de l'Union Juive Française pour la Paix (UJFP)
Paris 18 décembre 2006
Ce 14 décembre, la Cour suprême d’Israël a donné raison aux forces armées israéliennes. Celles-ci ont le droit de cibler et de tuer les personnes que l’Etat juge indésirables. Depuis 5 ans, le Comité public contre la torture de Jérusalem et l’ancienne organisation palestinienne de défense des Droits de l’homme, Law, avaient introduit une procédure devant la Cour suprême, afin que celle-ci, au regard du droit international coutumier, se prononce pour l’interdiction des assassinats ciblés dans les territoires palestiniens occupés.
Venant, encore une fois, prouver à la face de la communauté internationale que l’Etat israélien se place hors de tout cadre juridique, hormis celui qu’il définit et qu’il juge applicable pour lui-même, la Cour suprême justifie les assassinats ciblés et leur donne un cadre opératoire « légal » reposant sur 4 points : lire la suite
Abbas, président de l'Autorité palestinienne sans autorité
Le Parti socialiste "soutient totalement" le Président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, face au Hamas, a déclaré lundi son porte-parole Julien Dray … Selon M. Dray "il faut soutenir cette volonté de recréer une autorité par un retour au scrutin".
L’autorité dans les territoires occupés c’est Israël. Il n’y en a pas d’autre. Les Palestiniens ne vivent pas libres, Israël régit chaque acte de leur vie, et a tous les droits sur eux. Abbas est le président des occupés, l’occupé en chef, le président d’une Autorité sans autorité.
Ce déni de réalité de l’occupation, ne peut pas conduire à une solution juste au Proche-Orient.
De son coté Blair a rencontré Abbas. Il lui a promis de l’aide. Quelle aide Abbas a-t-il reçu depuis qu’il a été Premier ministre d’Arafat puis président de "l’Autorité" palestinienne? Des sourires, des poignées de main, des promesses et de l’argent, l’argent de la corruption. C’est oublier que c’est ce qui a coulé le Fatah et l'Autorité palestinienne : la corruption et (donc) l’absence de résultats concrets concernant la reconnaissance des droits humains des palestiniens. Or des droits des Palestiniens, ni Blair ni Dray pas plus que tous ceux qui disent soutenir Abbas, n’en parlent. Tout se passe comme si tout était la faute des Palestiniens.
L'actualité nous fournit toujours la preuve que c'est l'Autorité d'occupation qui a l'autorité sur les palestiniens. Le 20.12.06 par exemple, l'état sioniste « compte débloquer les taxes perçues pour les Palestiniens ». Régulièrement et depuis des années l’autorité d’occupation punit les palestiniens quand ils ne se plient pas à ses diktats par un des moyens de sa panoplie, ici la confiscation de leur argent. C'est sûr, le Hamas ne se plie pas aux dicktats d'Israël ou des pays occidentaux. C'est pourquoi l'Europe soutient les élections anticipées, et "Abbas face au Hamas".
19 décembre 2006
Qu’allez-vous faire, Israël ?
Alors que les Palestiniens sont arrivés au point où voulaient les amener les occidentaux en leur coupant les vivres : guerre civile puis capitulation, cf. notre article l’occident n’a pas de stratégie ..., Virginia Tilley dresse un poignant réquisitoire contre cette politique délirante qu’est le nationalisme sioniste, soutenue par des dirigeants occidentaux qui ont déjà mis le chaos en Irak et s'acharnent à l'instaurer en Palestine, incroyable désastre humain. Cependant il n'y a pas d'issue pour Israël dans ce désastre, à la fin c'est lui seul qui sera sur le banc des accusés.
"Nous pourrions juste vous regarder faire, mais la route vers votre ruine signifie tant de souffrances et pour tant de peuples ! Alors, pour éviter votre pacte suicidaire unilatéral avec les Palestiniens, vers qui allons-nous pouvoir nous tourner ? [...] que ferez-vous, Israël, avec ces 5 millions de personnes vivant sous vos lois, quand vous ne pourrez plus faire croire au monde que vous avez l’intention de négocier avec eux ? ..."
L'article complet Qu'allez-vous_faire,_Israël ? de Virginia Tilley
