24 février 2007
Bertrand Delanoë, maire PS de Paris, en visite chez le CRIF
« Bertrand Delanoë a déploré la situation au Proche-Orient qu’il a qualifié de « désespérante » indiquant qu’il s’agissait du « conflit dans le monde qui lui importait le plus car il est le plus urgent à résoudre ». Il a souligné que ce conflit, en tant que prétexte, en alimentait d’autres et servait les intérêts des ennemis de la démocratie ; il a estimé que « pour les forces totalitaires laïques ou religieuses, il fallait que le conflit Israël/Palestine perdure car cela les arrange ».
Ce qui est radical dans la situation israélo-palestinienne c’est le sionisme, ce nationalisme ethnocentrique qui confère « au peuple juif » un « droit historique » sur la Palestine (1) déniant de fait celui des indigènes palestiniens. Comme pour le nationalisme serbe des années 1990, cette vision ethniciste ne peut conduire qu’à une épuration ethnique. Elle a eu lieu pendant la guerre de 1948 où 90% des palestiniens ont été chassés de chez eux et n’ont jamais pu revenir. Elle a continué en partie pendant la guerre des six jours en 1967. Il s’agit aujourd’hui de continuer la guerre de 1948 comme le revendiquait Sharon en 2000 avant de prendre le pouvoir.
Terminer la guerre de 1948, c’est-à-dire expulser les Palestiniens. La principale méthode est la colonisation qui contrairement à la colonisation des empires européens, se refuse à garder les indigènes. Israël veut prendre les territoires mais pas les Palestiniens. C’est ce qu’on appelle une colonisation de peuplement ou de refoulement. Mais d’autres méthodes de guerre sont mises en oeuvre pour chasser les Palestiniens : la terreur des opérations militaires et des rafles, la privation de leurs ressources par l’interdiction de la libre circulation et l’exportation de leurs marchandises et pire encore, l’instauration de la faim décidée contre la nature de nos valeurs par les dirigeants de l’Union Européenne sur pression d'Israël.
Monsieur Delanoë fait semblant d’ignorer ces faits générateurs d’un conflit qui dure depuis plus d’un siècle et n’est pas en voie de se terminer. Il préfère accuser les palestiniens et autres « ennemis de la démocratie » de tous les maux, et tente de faire croire qu’il souhaite la paix le plus rapidement possible. Or, si le conflit n'était pas dû à la spoliation des Palestiniens de leurs droits et de leur terre, qu'est-ce qui le nourrirait? La nature "terroriste" des Palestiniens? C’est ce qu'israël utilise comme justification pour que la guerre "perdure". « Israël n’a pas de partenaire palestinien pour la paix ». De temps en temps il y a bien le partenaire Mahmoud Abbas quand il ne demande plus rien et se soumet aux exigences. Mais Israël l’a déjà remis en quarantaine dès qu’il a signé l'accord de La mecque pour un gouvernement d’union nationale entre Fatah, Hamas et indépendants.
Israël ne veut pas la paix parce qu’il n’a pas terminé la colonisation. Son rêve est que les palestiniens disparaissent et qu’il puisse tout prendre. Il n’est donc pas pressé.
Il ne reste plus aux indigènes palestiniens que 10 à 12% de leur terre, un territoire percé de colonies et traversé de routes "réservées" ethniques, fermé de murs et gardé par des soldats.
« Bertrand Delanoë a souligné qu’ « Israël se trouve dans une situation de force car son peuple même inquiet, a conscience de l’importance de la paix ».
Les israéliens n’ont pas conscience de l’importance de la paix, ils ne savent pas ce que c’est, ils ne l’ont jamais connue. Les dirigeants sionistes continuent à mener une guerre terrible contre la population palestinienne, organisant rafles et destructions. Le peuple israélien suit ses chefs policito-militaires. Seuls quelques soldats refusent d’aller dans les territoires palestiniens, et souvent finissent par quitter Israël devenu invivable pour eux. Le camp de la paix est moribond. Seule quelques militants pacifistes israéliens restent mobilisés.
Israël dans une situation de force? Une heure avant sa chute, le stalinisme se portait très bien aussi, au dire de la propagande qui filtrait les informations sur l’état du système. En Israël, la corruption fait rage et toutes sortes de violences et déviances envahissent la société israélienne. Le système moral israélien est en faillite, rongé par 40 ans d’occupation. Faut-il être naïf pour croire qu’on peut rester moralement et psychiquement debout après avoir, génération après génération, tenu en joug tout un peuple.
Israël ne se trouve pas en situation de force. Il ne sait plus que réagir par la fermeture et la violence. Perpétuellement contrarié et frustré que les Palestiniens ne se plient pas à ses exigences, il réagit en frappant et en détruisant, en détruisant et en frappant.
Les processus de paix qu’il propose sont des plans d’annexion qu’il veut faire ratifier à un « partenaire de paix » palestinien que bien entendu il ne peut pas trouver.
Les Palestiniens continuent la résistance et viennent de signer un accord d’union nationale à La Mecque, en pleine occupation alors que le peuple est affamé. Ils comprennent la nature de ce conflit, ce qui peut le résoudre et les erreurs dans lesquelles il ne faut pas tomber. La résistance attend une solidarité qui soutienne la libération des Palestiniens du joug de l’oppression sioniste. Les Arabes israéliens proposent une constitution pour un Israël démocratique qui érige l'égalité des droits entre tous les Israéliens quelque soit leur religion et leur appartenance ethnique. Les initiatives sont toutes arabes. Israël et les Etats Unis sont dans la réaction.
« Mahmoud Abbas était un homme qui souhaitait vraiment la paix » mais qu’il devait faire face à la « radicalisation d’une partie de la population palestinienne ».
Israël ne veut pas la paix. Quand il la voudra, il la fera. Reste à savoir ce qu’il proposera : une solution digne pour lui et son peuple, ou bien des miettes d’état jetées à un peuple considéré comme inférieur en droit. C’est à Israël et à lui seul de proposer la paix et la réconciliation, comme c’était au pouvoir Blanc d’Afrique du sud et non aux Noirs de proposer la réconciliation et l’égalité des droits. Ce n'est pas à Abbas de faire la paix, il n'a pas le pouvoir de la proposer à Israël. Il doit comme tout Palestinien se tenir prêt pour le moment où Israël reconnaîtra enfin qu'il n'y a pas d'autre choix possible.
Dans sa tentative d'opposer les intérêts des groupes palestiniens, Bertrand Delanöe dénie aux Palestiniens le droit de résister.
« Malgré tout, le Maire a fait part de son optimisme sur l’avenir des Palestiniens qui, au contact d’Israël , sont « plus habitués à la démocratie que les autres peuples de la région ».
La « démocratie » ! Est-il nécessaire qu’Israël soit une dictature sioniste quand son peuple suit sans rechigner la politique de ses chefs, après l’embrigadement familial ou scolaire celui de l'armée tout au long de sa vie, et va à la guerre quand on le lui demande? Delanoë est-il sûr que les Palestiniens voient la face « démocratique » d’Israël ou au contraire sa face hideuse qui prend le visage des soldats de l’occupation ou des colons, qui nuisent à leurs droits et à leur vie ?
« tout en ajoutant que «le Hamas n’est qu’un moment qui se place dans une configuration générale de montée de l’islamisme »
Avec l’appui du marxisme, de l’islamisme, ou d’autre chose, les Palestiniens ont un besoin vital de résister à l’occupation.
« Sur la clôture de sécurité, le Maire de Paris a dit « comprendre l’intention de ce mur » mais a estimé qu’il ne s’agissait pas d’une « solution à long terme ».
Le mur est illégal et sert à coloniser et à refouler les palestiniens expropriés derrière lui. Sans le mur, Israël était condamné à faire la paix. Avec le mur il n’a plus besoin de faire la paix. Il peut prospérer sans se soucier de ceux qui crèvent derrière le mur.
Justice Pour La Palestine Alsace
compte rendu de cette rencontre du 19 février sur http://www.crif.org/?page=articles_display/detail&aid=8374&returnto=accueil/main&artyd=2
(1) " Il est frappant de constater que la question du droit historique du peuple juif sur la terre d'Israël - l'une des premières questions que le mouvement sioniste s'est posée dès son apparition - nous obsède toujours. Voici qu'elle réapparaît dans la foulée des discussions politiques actuelles, dans nos débats internes comme dans ceux que nous avons avec les autres. "
Dans Israël : un examen moral d'Avraham B. Yehoshua chez Calmann-Levy 2005
Ce droit historique se manifeste notamment par la colonisation des territoires Palestiniens mais aussi par "la loi de retour" qui donne le droit à tout Juif dans le monde de s'installer en Israël ou dans ses colonies mais refuse le "droit de retour des réfugiés" palestiniens chassés de leur villes ou villages de ce qui est aujourd'hui Israël.
16 janvier 2007
"Un crachat à la figure du gouvernement américain"
Au moment où Mme Rice annonce une réunion avec M. Abbas et E. Olmert, Israël annonce l'expansion d'une colonie en contravention au droit international et à la feuille de route.
Pour le secrétaire général du mouvement israélien « La Paix Maintenant ! », Yariv Oppenheimer, ce projet est un « crachat à la figure du gouvernement américain ». « C'est la meilleure façon de dire la vérité à l'administration américaine, à savoir que le gouvernement israélien fait fi de ses engagements pris aux termes de la Feuille de route », a-t-il ajouté.
L'administration américaine sait très bien ce que fait Israël. Le gouvernement français aussi qui déclare par la voix du porte parole du ministère des Affaires Etrangères : « Cette décision envoie un signal particulièrement négatif concernant la volonté de dialogue et de rétablissement de la confiance entre les parties » , mais ne contraindra pas Israël.
Ce manque d'amour propre n'est pas de la lâcheté mais une politique délibérée de soutien à la colonisation exclusive de la Palestine, politique qui se continue également à l'Est par la destruction de l'Irak et des vestiges de sa civilisation. Dans le livre culte "L'Etat des Juifs", Herzl considère les Juifs comme un "matériel" de l'idéologie sioniste. Les Etats Unis utilisent aussi le sionisme comme un "matériel" de leur politique d'écrasement et de domination du monde oriental. Ils n'ont cure des états d'âme de quelques israéliens.
Quant aux Palestiniens on voit bien que s'ils jouent tous les jeux que veulent leur faire jouer les américains ils n'en obtiendront cependant rien. Lorsque Saëb Erakat dit "Israël doit choisir entre la paix et la colonisation parce que les deux ne vont pas de pair", il sait que le choix a déjà été fait et par Israël et par la communauté internationale, la preuve sur le terrain, avec et depuis les accords d'Oslo, la colonisation ne fait que s'accentuer dans un silence international complice.
Les Palestiniens n'ont pas d'alliés en occident. Depuis la déclaration Balfour en 1917, qui autorise l'établissement d'un "foyer juif" en Palestine jusqu'en 2007, leurs droits sont sacrifiés. Les plans de paix américains ou du quartette (feuille de route) ne sont que des objets virtuels pour faire espérer l'opinion internationale, pour lui faire croire que les choses vont s'arranger.
Pour faire la paix, il faut d'abord que les Palestiniens fassent ci et ça ... Aux Palestiniens les obligations et les sanctions, et à Israël tous les droits, y compris les droits illégaux !!! Justice Pour La Palestine Alsace
Lire aussi http://justicepalestine.canalblog.com/archives/2006/12/30/3553645.html
23 décembre 2006
Pourquoi l'Europe veut soutenir Mahmoud Abbas CONTRE le Hamas
Ce n’est pas tant que Hamas soit un mouvement islamique qui ne convient pas aux dirigeants occidentaux, Israël a su soutenir ce mouvement naissant quand, avant la première intifada (1987), il n’appuyait pas encore la revendication nationale et que la résistance à l’occupation était le fait de l’OLP, une organisation laïque. A partir de 2001, le général Sharon premier ministre a entrepris la liquidation de l'Autorité palestinienne pour ne pas avoir d'interlocuteur pour la paix (le président Arafat prisonnier de la Mouqata et son premier ministre Abbas autorisé à quelques sorties à Charm el Cheikh quand les Etats Unis avaient besoin de faire croire que leur processus de paix avançait). Cette liquidation s'est faite au profit du Hamas qui n'était pas un interlocuteur possible après que, sous la pression, plusieurs états occidentaux le mettront sur la liste des organisations terroristes se privant ainsi d'influencer la politique au Proche-Orient. Le général Sharon espérait alors benoîtement régler unilatéralement le conflit.
Ce qui déplait dans le Hamas depuis qu'il est élu, comme dans l’OLP hier, c’est qu’il ne veut pas collaborer avec l’occupant. Il ne signera jamais ni l’annexion de Jérusalem Est, ni ces bantoustans, ces alvéoles fermées de murs et reliées par des tunnels qu’Israël veut leur refiler en guise d’état. Afin de poursuivre la colonisation, Israël déclare à tout vent qu’il n’y a pas de partenaire palestinien avec lequel négocier, Hamas lui répond qu’il est ce non-partenaire, celui qui va laisser Israël assumer seul sa politique unilatérale coloniale et d’occupation. Avec le Hamas Israël ne peut plus faire son cinéma, il apparaît ce qu'il est : intransigeant, brutal, criminel, un Etat ethnocentrique qui ne reconnaît aucun droit aux indigènes Arabes.
La politique européenne qui reprend le flambeau avec Blair, est une politique alignée sur celle d'Israël qui consiste à créer un contexte de conflit à basse intensité dans lequel un « processus de paix » endormira le monde de sorte qu’Israël pourra continuer son forfait : la colonisation. Abbas ou quelqu’un d’autre de « modéré » sera le négociateur palestinien qui n’obtiendra rien. Les sionistes l’occuperont (c’est le cas de le dire) à négocier durement la libération de quelques centaines de prisonniers pendant qu’ils continueront à déposséder les Palestiniens de leur terre ... et à faire d'autres prisonniers. Israël aura le droit de réprimer « au nom de sa sécurité » tous les Palestiniens qui résisteront contre la spoliation. Ce sont les « extrémistes ».
Abbas ne sera jamais considéré comme un partenaire pour Israël, il ne l’a jamais été, ni quand il était premier ministre d'Arafat, ni depuis qu'il est président. Israël s'arrangera pour mettre des conditions irréalisables à ce qu'il devienne "un vrai partenaire pour la paix". Il lui dira : « tant que vous n’aurez pas fait ceci ou cela nous ne pouvons pas négocier ».
Depuis un siècle de sionisme, la politique occidentale est une tromperie en continu.
L'Europe ne peut pas défendre à la fois les intérêts du sionisme : la colonisation, et les intérêts des Palestiniens : la décolonisation et la libération de l'occupation. Jusqu'ici elle a choisi son camp.
[1] Terres_palestiniennes_confiquées_pendant_le_processus_de_paix (Sept 1993 - Janv 2002).
21 décembre 2006
Abbas, président de l'Autorité palestinienne sans autorité
Le Parti socialiste "soutient totalement" le Président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, face au Hamas, a déclaré lundi son porte-parole Julien Dray … Selon M. Dray "il faut soutenir cette volonté de recréer une autorité par un retour au scrutin".
L’autorité dans les territoires occupés c’est Israël. Il n’y en a pas d’autre. Les Palestiniens ne vivent pas libres, Israël régit chaque acte de leur vie, et a tous les droits sur eux. Abbas est le président des occupés, l’occupé en chef, le président d’une Autorité sans autorité.
Ce déni de réalité de l’occupation, ne peut pas conduire à une solution juste au Proche-Orient.
De son coté Blair a rencontré Abbas. Il lui a promis de l’aide. Quelle aide Abbas a-t-il reçu depuis qu’il a été Premier ministre d’Arafat puis président de "l’Autorité" palestinienne? Des sourires, des poignées de main, des promesses et de l’argent, l’argent de la corruption. C’est oublier que c’est ce qui a coulé le Fatah et l'Autorité palestinienne : la corruption et (donc) l’absence de résultats concrets concernant la reconnaissance des droits humains des palestiniens. Or des droits des Palestiniens, ni Blair ni Dray pas plus que tous ceux qui disent soutenir Abbas, n’en parlent. Tout se passe comme si tout était la faute des Palestiniens.
L'actualité nous fournit toujours la preuve que c'est l'Autorité d'occupation qui a l'autorité sur les palestiniens. Le 20.12.06 par exemple, l'état sioniste « compte débloquer les taxes perçues pour les Palestiniens ». Régulièrement et depuis des années l’autorité d’occupation punit les palestiniens quand ils ne se plient pas à ses diktats par un des moyens de sa panoplie, ici la confiscation de leur argent. C'est sûr, le Hamas ne se plie pas aux dicktats d'Israël ou des pays occidentaux. C'est pourquoi l'Europe soutient les élections anticipées, et "Abbas face au Hamas".
16 décembre 2006
Le "deux poids deux mesures", une politique délibérément raciste
Les faits concrets et vérifiables qui consistent à accorder des droits illégaux à l’état d’Israël : occupation, colonisation, construction du mur, massacres, destructions, etc … et à n’accorder aucun des droits reconnus par les conventions internationales et la charte des droits de l’homme aux Palestiniens est la traduction d’une politique délibérément raciste.
29 mai 2006
L'occident n'a pas de stratégie ...
Israël / Palestine : l'occident n'a pas de stratégie sinon celle d’Israël
Des 3 conditions posées par les Etats-Unis, le Canada et le Conseil européen pour le rétablissement de l'aide financière aux Palestiniens et l'arrêt du boycott du gouvernement palestinien élu, aucune n'est appliquée par Israël. ... Lire la suite
